Télévision et pouvoir

La grande maison

L’ORTF(Office de la radiodiffusion-télévision française), est un établissement public créé par la loi du 27 juin 1964. Cette réforme vise à doter l’organisme, qui détient un monopole de service public sur la radio et la télévision, d’une plus grande autonomie financière. En effet, l’ORTF n’est plus sous « l’autorité », mais sous la « tutelle »  du ministère de l’Information : un conseil d’administration, assisté d’un directeur général, est créé aux fins de garantir le respect de ses missions (informer, cultiver, distraire). Cependant, le mode de désignation de ce conseil laisse un large contrôle au gouvernement puisque, sur seize membres, huit sont des représentants de l’État, un des usagers, un de la presse écrite, deux du personnel de l’ORTF, quatre étant des personnalités hautement qualifiées. En outre, le directeur général et les deux directeurs adjoints (un pour chaque chaîne) sont nommés par décret en Conseil des ministres.

Très vite, le malaise gagne l’ORTF en raison des liens étroits avec le pouvoir. Il culmine lors des événements de Mai 68 : En 1974, pour remédier aux lourdeurs dues à une concentration des structures, le gouvernement du nouveau président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, choisit de créer « des unités autonomes et entièrement responsables » entre lesquelles peut s’instaurer une « compétition ». Il procède donc à l’éclatement de l’ORTF en sept sociétés distinctes : quatre sociétés de programme, dont le capital appartient à l’État (TF1, Antenne 2, FR3 et Radio France), deux établissements publics industriels et commerciaux (TDF : Télédiffusion de France, qui assure la diffusion ; et l’INA, Institut national de l’audiovisuel, chargé de la formation, la recherche et l’archivage en matière d’audiovisuel) ; une société d’économie mixte (la SFP : Société française de production

  1. Pourquoi a-t-on créé l’ORTF?
  2. Comment sont nommés les nembres du Conseil d’Administration ?
  3. Quand y a-t-til eu rupture ? Et quelles en sont les conséquences?

De la Haute Autorité au CSA : les gendarmes du PAF

Au cours de la Ve République, l’émancipation de la télévision vis-à-vis du pouvoir politique a suivi une longue marche, heurtée, avec des retours en arrière. Mais la libéralisation s’est progressivement imposée comme une nécessité. Avec l’alternance politique de 1981 et l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, la majorité de gauche est attendue pour réaliser ses promesses électorales. un tournant fondamental est pris : la loi du 29 juillet 1982 (loi Fillioud) – date « anniversaire » de la loi de 1881 sur la liberté de la presse – met fin au monopole public et crée la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, censée couper le cordon ombilical entre les médias et le pouvoir. Elle est chargée de nommer les présidents du secteur public et de réguler le paysage audiovisuel, notamment en attribuant des fréquences aux radios et aux futures télévisions privées. La composition de cette instance est calquée sur celle du Conseil constitutionnel puisque, sur les neuf membres qui la composent, trois sont choisis par le président de la République, trois par le président de l’Assemblée nationale et trois par celui du Sénat. Il ressort que la Haute Autorité, présidée par Michèle Cotta, assume honorablement sa tache même si le pouvoir garde parfois la tentation d’exercer son influence sur le monde des médias .

En 1986, la nomination de Jacques Chirac à la tête de premier gouvernement de cohabitation de la République entraîne la dissolution de la Haute Autorité. Par une loi du 30 septembre 1986, défendue par le ministre de la Culture et de la Communication François Léotard, est créée la CNCL (Commission nationale de la communication et des libertés), qui conserve le même mode de désignation que l’instance précédente. Les personnalités désignées ont des sensibilités politiques marquées. et la presse critique un assujettissement à la majorité parlementaire, tandis que le gouvernement Chirac choisit de privatiser TF1 et de modifier le capital de La Cinq et de la 6, et donc leur direction.

La réélection de François Mitterrand le 8 mai 1988 scelle la fin de la CNCL. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) la remplace dès 1989. Cette instance, qui dispose de pouvoirs de sanctions renforcés dans sa mission de régulation du paysage audiovisuel, semble se pérenniser puisque qu’elle n’a pas disparu malgré plusieurs changements de majorité.

  1. Depuis sa naissance la télévision est-elle liée au pouvoir politique ?
  2. Quand le monopole public prend-il fin ? A quoi devrait servir la Haute Autorité?
  3. Quelle est aujourd’hui l’instance qui régule le paysage audiovisuel?

L’audimat : cibles et chiffres

Médium de masse soumis à des enjeux économiques, la télévision, comme la presse écrite, la radio et maintenant Internet, a besoin de connaître son public. Or la connaissance de celui-ci est par définition problématique : qui sont les téléspectateurs ? Comment perçoivent-ils les programmes ? C’est pourquoi, presque dès l’origine de la télévision, des outils ont été mis en place pour consulter le public et mesurer l’audience.

La première mesure de cette audience a été effectué en 1954 par la RTF  : elle consistait assez sommairement à interroger par téléphone une centaine de personnes chaque soir. Ce système de sondage par enquête, s’il s’est affiné au cours des années, est demeuré le même jusqu’aux années 1980. À cette époque, l’arrivée des chaînes commerciales et, par voie de conséquence, la forte concurrence entre privé et public et le rôle prééminent des publicitaires dans l’économie de la télévision ont rendu nécessaire l’instauration d’un organisme indépendant et d’un système technique fiable de mesure de l’audience. En 1985 est créé Médiamétrie dont le capital, à son origine, est détenu à 80 % par l’État (via l’INA, les chaînes publiques, la Régie française de publicité et Radio-France) et les radios périphériques. En 1989, après la privatisation de TF1, est mis en place Médiamat, système reposant sur l’installation, dans 2 300 foyers auprès de 5 600 individus de plus de 6 ans (ils sont aujourd’hui 7 600), d’audiomètres à bouton-poussoir actionnés par les téléspectateurs lors de l’allumage du récepteur et du changement de chaîne. L’analyse des données ainsi recueillies prend en compte 24 cibles construites sur des critères sociodémographiques et socioprofessionnels. D’où la célébrité soudaine d’un « cour de cible » fort courtisé : la « ménagère de moins de 50 ans » !

Ainsi sont donc connus avec précision ces chiffres souvent mystérieux tant attendus des chaînes et des publicitaires : les audiences cumulées ou instantanées, les durées moyennes d’écoute, les audiences de chaque émission. et, bien sûr, la part de marché d’une chaîne, qui exprime le rapport, pendant une période donnée, entre le nombre de foyers à l’écoute de la chaîne et le nombre de foyers qui regardent la télévision. C’est là un chiffre qui symbolise à lui seul cette « dictature de l’audimat » (en fait, du Médiamat) et scandalise ceux qui voient dans ce système un vote très inégalitaire où les gros consommateurs comptent plus que les petits, soumettant la télévision à la loi de la majorité.

  1. Quand a-t-on commencé à mesurer l’audience? et pourquoi?
  2. Comment a évolué la mesure de l’audience?
  3. Pourquoi fallait-il un organisme indépendant?
  4. Qu’appelle-ton la didacture de l’audimat?
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