l’histoire de la presse *

Regardez le diaporama 

Quels sont les trois aspects qui ont permis à la presse de se développer?

Lisez ce texte 

Internet tuera-t-il la presse ?

La presse écrite a survécu à l’arrivée de la radio et de la télévision. Survivra-t-elle à Internet ?

Internet est-il en train de tuer la presse ? Cette question brutale revient désormais avec insistance, dans les salles des rédactions comme dans les colloques universitaires. Signe de cette préoccupation, le sociologue Erik Neveu, dans la troisième édition de sa Sociologie du journalisme, ouvrage paru en août 2009, a ajouté un dernier chapitre au titre emblématique : « Les derniers jours du journalisme ? »

La thèse d’une mort annoncée peut paraître excessive. A ce jour, aucun média n’a tué ses prédécesseurs, et le succès relatif des journaux gratuits montre qu’il n’existe pas de réelle désaffection pour le support papier. Mais du point de vue des usages, l’an 2000 a marqué un tournant. La lecture du journal imprimé a cessé d’être, comme disait Georg Hegel, la prière du matin de l’homme moderne. La consultation des courriels, le visionnage d’une vidéo, la conversation en ligne, la lecture rapide des titres du jour sur Internet : toutes ces habitudes mordent sur le temps consacré à la lecture d’un quotidien. Demain, combien de lecteurs prendront encore le temps d’aller débourser quelques pièces dans un kiosque à journaux ?

S’adapter ou mourir

La crise de la presse occidentale est-elle conjoncturelle ou structurelle ? Internet est-il vraiment fautif ? Faute de réponse tranchée, journalistes et chercheurs en sciences sociales conjuguent leurs efforts pour repenser l’évolution de la presse. Dans La Fin des journaux et l’avenir de l’information, B. Poulet propose la première analyse française des trois transformations qui ont affecté les quotidiens au cours des dix dernières années : la gratuité de l’information, avec les succès concomitants d’Internet et des journaux gratuits ; la désaffection d’une partie des lecteurs, notamment des plus jeunes ; enfin la migration de la publicité et des petites annonces vers Internet. Pour ce journaliste, le phénomène Internet bouleverse bien l’économie de la presse, mais ne doit pas masquer une tendance sociétale plus profonde : « L’intérêt de nos sociétés pour l’information s’érode chaque année ».

Partant d’un constat similaire, l’universitaire Robert G. Picard, spécialiste de l’économie des médias à Oxford, accuse quant à lui les journalistes : « La principale valeur du travail du journaliste réside dans sa capacité à distribuer le savoir des autres », explique-t-il. Or, avec le développement des blogs et des réseaux sociaux, les professionnels de l’information ont perdu leur monopole. Chacun peut désormais se connecter à Internet pour y diffuser des textes, des sons, des images, dont certains se révèlent d’excellente qualité. Les internautes établissent leur propre hiérarchie de l’information grâce aux fils RSS, en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs sites et blogs favoris. Alors que leur métier paraît menacé, les journalistes professionnels continuent pourtant à faire leur travail à l’ancienne. Pire, déplore R.G. Picard, le journalisme se standardise : « La plupart des journalistes partagent les mêmes qualités, utilisent les mêmes sources, posent les mêmes questions et produisent les mêmes articles (4). »

Si les explications de la crise diffèrent, ces auteurs parviennent à la même conclusion. Pour la plupart des organes de presse, il faut aujourd’hui réinventer complètement la manière de produire et de diffuser l’information. Il faut, écrit R.G. Picard, « s’adapter ou mourir ».

Internet, planche de salut ?

Après avoir fait figure de fossoyeur, Internet peut-il constituer la planche de salut des journalistes ? Le journalisme en ligne bénéficie de sérieux atouts : il est moins coûteux, plus réactif, il offre la possibilité d’inventer de nouvelles formes d’écriture et de conquérir de nouveaux publics. Surtout, par son interactivité, il renoue un lien entre le journaliste et le lecteur. Seul problème, le journalisme de qualité coûte cher et Internet rapporte peu. Selon une étude du Pew Research Center, un journal choisissant le tout-Internet économise 65 % de ses dépenses… et perd 90 % de ses recettes (5)(….) Des sites gratuits introduisent des contenus ou des services payants, et vice versa. Des portails ferment, faute de financements. Et de nouveaux journaux papier connaissent des succès inattendus : c’est le cas de l’exigeante revue XXI, trimestriel payant, sans publicité, privilégiant les articles de fond. Parmi les projets à suivre, des plateformes numériques communes aux journaux devraient voir le jour. Elles proposeront la diffusion des meilleurs articles de presse, moyennant une souscription des lecteurs

Les tâtonnements actuels pourraient ouvrir des pistes prometteuses pour le journalisme, quel que soit son support de publication. Sur Internet comme dans les kiosques, il y aura quelques morts, mais aussi des naissances – et renaissances – enthousiasmantes, estime le philosophe Marcel Gauchet : « Ce que démontre le “tous journalistes” est précisément, a contrario, qu’il y a un vrai métier de journaliste. Qu’il faut redéfinir profondément, mais qui va sortir vainqueur de cette confusion. Car on aura de plus en plus besoin de professionnels pour s’y retrouver dans le dédale et nous épargner de chercher au milieu des 999 000 prises de parole à disposition (9). »Les professionnels de l’information auront à trouver le juste équilibre entre un journalisme à l’ancienne, nourri d’enquêtes, de reportages et d’expertise, et les nouvelles pratiques apparues sur Internet : discussions et débats en ligne, proximité du lecteur, recommandations, interactions entre les sources d’information, usage raisonné de la vidéo, du son, des liens hypertextes. Avec l’arrivée sur le marché du travail d’une nouvelle génération, cette réinvention du journalisme a déjà commencé.

Questions

  1. Pourquoi Neveu parle-t-il « des derniers jours du journalisme « ?
  2. Quelles sont les nouvelles habitudes des lecteurs qui les empêchent de lire les journaux autant qu’auparavant ?
  3. Quelles sont les trois transformations qui ont eu une influence dans dans l’évolution de la presse
  4. Pourquoi les professionnels de la presse ont perdu leur exclusive?
  5. Quels sont les avantages et les inconvénients de l’information sur internet
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la une d’un journal *

Le lexique  de la « Une »

Le bandeau, tout en haut de la page, attire l’attention du lecteur sur un thème particulier.
La manchette : On y lit le nom du journal, son logo, Le prix du journal, la date, l’édition, l’adresse du siège social, les numéros de téléphone et de fax et l’e-mail
L’oreille se situe en haut de la page dans sa partie gauche. Il peut s’agir d’un texte court, d’une publicité.
Le pied se situe dans le bas de la page, en son centre. On y trouve une information ou de la publicité.
La tribune est l’emplacement le plus important de la « Une ». C’est là que se trouve l’événement et le titre du jour.
La sous-tribune, à gauche de la tribune. On y met en valeur des articles qui sont détaillés à l’intérieur du journal. Elle est composée d’une photographie suivie d’un résumé de l’information et de la mention de la page où lire l’article.
Le ventre est le centre de la page.

Les unes du 14 mars 2012

Chercher les « unes » sur les sites suivants
http://unes.spqr.fr/
http://fr.kiosko.net/

Analyser / comparer des « Unes »

Le nom du journal : donne-t-il une indication de la région, du département du quotidien étudié ? Fait-il référence à l’Histoire, à la notion de temps, d’information ?
La mise en page : dessiner la Une de son journal en répartissant textes et photos, en n’écrivant que le mot clé des titres et sujets. Ainsi apparaît la mise en page. Comparer pour chaque titre.
La hiérarchisation de l’information : les titres de la Une traitent-ils des informations internationales, nationales, régionales, locales ? En quelles proportions ? Classer les journaux du plus général au plus local.
Y-t-il de la publicité sur la Une ? Quelle place utilise-t-elle ? Quelle surface (calculer le pourcentage / surface totale de la page) ? S’agit-il de publicité de trafic (pour attirer les lecteurs vers un lieu de vente) ou de marque (pour attirer les lecteurs vers un produit ou un ensemble de produits) ?
La structure de la Une : trouve-t-on un éditorial, un billet, un papier d’analyse, un point de vue ou une tribune ? Trouve-t-on un sommaire ? Combien d’articles sont annoncés ? Existe-t-il un sujet autonome (sans renvoi à l’intérieur) ?
Quels sont les titres du jour ? Le titre principal, les titres secondaires ? Sont-ils associés ou non à la photo principale ?
Les photos : noter leur nombre, leur surface totale, les sujets qui sont illustrés et les titres sans image, la fonction de ces images (incitation à acheter, à lire, information ?

Eléments de réponses

Nom du journal
Le nom du journal, dans la manchette, peut donner à entendre les valeurs du journal, son approche de l’actualité :

  • Libération fait référence à l’année de sa première publication, sans doute aussi aux valeurs de liberté d’expression;
  • Le Monde traitera une information internationale et L’Humanité en retiendra sans doute un angle plus social;
  • Le Figaro fait référence au personnage de Beaumarchais qui revendique la liberté de ses positions, hors de toute pression extérieure «sans liberté de blâmer , il n’est point d’éloge flatteur»;

Centre-Ouest , Sud-Ouest indiquent clairement leur appartenance à une géographie

Hiérarchie de l’information

La Une d’un journal est à la fois l’accueil et l’entrée du journal (la vitrine)
Elle témoigne du choix de la rédaction et de la hiérarchisation de l’information

  • Un article est mis en valeur à la Une par sa place à la tribune, par l’illustration qui l’accompagne et par la taille des caractères choisis. Il donne un indice du public visé par le journal et du genre.
  • Les articles se repèrent grâce à leurs titres.
  • Ils ne sont jamais complets à la Une d’un journal et renvoient aux pages intérieures. La Une présente les titres, les chapôs des articles.


Public cible
Les rubriques des articles ne sont pas toujours indiquées à la Une mais donnent une idée du public visé par le journal et du type de journal (par ex. régional ou national).

Exercice

Comparer ces unes: comment est présentée la mort de Steves Jobs dans chacun de ces journaux?

la baisse de l’audience des quotidiens en France

La baisse de l’audience des quotidiens en France ne peut s’expliquer par la concurrence de la télévision. Les pays où l’offre télévisuelle est la plus importante sont en effet ceux où l’audience des quotidiens est la plus forte. Le développement des nouveaux médias comme internet ou des nouveaux supports comme le CD- Rom ou le DVD n’explique pas non plus la situation française si on la compare à celle des autres pays développés. La comparaison des chiffres de lectorat de la France, de l’Italie et de l’Espagne avec ceux de la Grande-Bretagne, des pays scandinaves ou de l’Allemagne incite à penser que la culture latine fait une place moins importante à ce type de lecture que la culture anglo-saxonne. Une autre explication, spécifiquement nationale, réside dans la forte consommation française de magazines. Mais l’une des causes probables est le prix élevé des quotidiens en France, Ce handicap explique (en partie seulement) le développement de la presse quotidienne gratuite depuis son apparition en 2002. 0n peut par ailleurs s’interroger sur l’adéquation et l’adaptation des quotidiens français aux attentes du public. Le protectionnisme  étatique, le conservatisme de certains éditeurs, la résistance des syndicats à l’innovation ont sans doute constitué des freins qui n’ont pas existé dans d’autres pays.

Quels sont les pays où on lit le plus de quotidiens?
La concurrence de la télévision ou celle des nouveaux médias  explique-t-elle la baisse de l’audience de la presse française? Justifier la réponse
Quel aspect culturel la justifie?
Quelle est la spécificité française pour ce qui concerne la lecture de la presse en France?
Quelles en sont les causes économiques ou sociale ?

la presse urbaine gratuite

La presse gratuite, dont l’audience est encore faible par rapport à la presse quotidienne payante (5,9% de lecteurs, soit 2,9 millions d’individus) est cependant en forte progression. Ainsi, entre l’enquête EPIQ réalisée en 2005 et celle réalisée entre juillet 2005 et juillet 2006, l’audience de la presse quotidienne gratuite a augmenté de 9,8%, alors que celle de la PQN baissait de 1,1% et celle de la PQR de 0,3%.

Quelles sont les raisons pour lesquelles la presse quotidienne gratuite a du succès ?

 La réussite de la presse quotidienne urbaine gratuite (PQUG) ne tient pas seulement à sa gratuité (le financement étant assuré totalement par la publicité), dans un contexte économique et social où le prix des choses est une préoccupation croissante. Des enquêtes montrent qu’elle repose plus largement sur son accessibilité et qu’elle s’est imposée en inversant la démarche traditionnelle de distribution: ce n’est pas le lecteur qui va vers le journal, mais celui-ci qui va vers le lecteur (au moyen de présentoirs ou de colporteurs), Les quotidiens gratuits sont en outre présents sur les lieux de mobilité et de vie hors foyer : transports en commun, centres commerciaux, lieux publics.  Le lecteur pressé n’a pas à se détourner de son chemin pour trouver un point de vente, à faire éventuellement la queue à payer et attendre la monnaie. Surtout, cette nouvelle presse répond aux nouvelles habitudes de consommation et aux nouveaux modes de lecture, notamment induits par l’émergence d’internet. Les informations proposées sont synthétiques, faciles à lire et à intégrer. Elles comportent aussi de nombreuses informations pratiques et favorisent l’interactivité avec les lecteurs. Les Français les considèrent donc comme des journaux à part entière, qui allient gratuité, clarté, diversité, objectivité, proximité et utilité. Si la PQUG représente pour certains un substitut à la presse traditionnelle, on constate aussi qu’elle a séduit de nombreuses personnes qui ne lisaient pas auparavant de journaux.

Panorama de la presse française *

Lexique :

Un quotidien : un  journal qui sort une fois par jour
Un hebdomadaire(hebdo registre familier) un  journal qui sort une fois par semaine
Un mensuel : un  journal qui sort une fois par mois
Un  magazine : une publication périodique, le plus souvent illustrée.

Le tirage : Nombre d’exemplaires imprimés

La diffusion : Nombre d’exemplaires effectivement vendus ou donnés en promotion. Le chiffre de diffusion de la presse totalise la vente au numéro , la vente par abonnement et le portage à domicile(soit la vente payée), plus les exemplaires distribués gratuitement pour promouvoir le support –

L’audience : on considère que chaque numéro vendu est lu par plusieurs personnes : c’est son audience . l’audience est égale à la diffusion multipliée par un coefficient donné (2 pour un quotidien , 3 à 5 pour un mensuel. Plus le chiffre est élevé , plus le journal peut espérer séduire les publicitaires , et donc gagner de l’argent

PQN La presse quotidienne nationale
PQRD La presse quotidienne régionale et départementale
PQUG la presse quotidienne urbaine gratuite

Observer et analyser le graphique :

Quelle est l’évolution du tirage de la presse quotidienne en France ?
Quel est le phénomène récent qui semble changer la situation ? Quand est-il né ?

Le tirage de la presse quotidienne française subit une lente érosion depuis les années 1960.  L’érosion du tirage des quotidiens français, régionaux ou nationaux, est une tendance profonde, amorcée dès les années 1960, malgré des améliorations passagères. L’ampleur de la baisse est cependant plus forte pour la Presse Quotidienne Nationale (PQN) que pour la Presse Quotidienne Régionale (PQR), en particulier depuis les années 1990. La presse quotidienne gratuite, apparue en 2002, a connu une augmentation rapide.

Observer les statistiques sur la PQN et la PQR de 2008 à 2010 :

Chaque jour en France, plus de 23.4 millions de personnes lisent au moins un titre de presse quotidienne, soit 46.3% de la population âgée de 15 ans et plus.

Quels sont les journaux nationaux les plus lus ?
Quels sont les journaux régionaux ?
Pourquoi la comparaison est-elle  étonnante ?

L’audience d’un journal, c’est à dire son nombre de lecteurs réels, réguliers ou occasionnels, est plus large que sa simple diffusion. L’audience de la presse quotidienne est contrastée selon les types de presse. La presse la plus lue, en France, est la PQR, avec 36,5% de lecteurs un jour moyen de semaine, soit près de 18 millions d’individus. Le nombre de lecteurs réguliers est très proche, avec un taux de lecteurs de 36,3%. La presse nationale a une audience deux fois moins importante : 16,3% de lecteurs un jour moyen de semaine et 14,6% de lecteurs réguliers.

Les journaux les plus lus sont l’Equipe (journal sportif), le Parisien, le Monde pour les PQN et Ouest-France et Sud-Ouest  pour les PQR. Malgré la diffusion sur un territoire bien plus restreint les PQR sont nettement en avantage ce qui montre que les lecteurs sont plus intéressés par des informations locales que par des informations de types général.