La téléréalité

  1. La téléréalité, avons-nous affirmé, constitue un genre télévisuel recent .

Elle a été créée par des firmes comme Endemol.
On devrait toutefois distinguer deux grandes écoles ou approches du phénomène. La première, qui l’apparente au documentaire, poursuit un objectif d’information et d’analyse. La seconde vise essentiellement le divertissement et ne s’intéresse à la « réalité » que dans ce qu’elle recèle d’éventuellement spectaculaire, au sens de ce qui peut conduire à la mise en scène d’un divertissement attrayant. Il s’agit là cependant de tendances plutôt que de catégories étanches et bien établies. La frontière entre les deux approches est mouvante et il est souvent difficile d’identifier un programme particulier comme appartenant à l’une ou à l’autre.

Et à l’intérieur d’une même tendance, comme celle du divertissement, on trouve des différences importantes, par exemple, entre des concepts d’émissions comme Star Academy, Loft Story ou Survivor. On trouve pourtant dans toutes ces émissions une combinaison de traits caractéristiques :
• La majorité des participants sont des gens ordinaires. Ils ont cependant été soigneusement sélectionnés en fonction de certains critères, dont on pense qu’ils pourront assurer le succès de l’émission.
• Une mise en situation qui prétend au statut de réalité : survie dans un milieu difficile, vie de groupe dans un appartement, etc. En fait, tous les programmes de télé-réalité font l’objet d’une rigoureuse scénarisation et ce qui est diffusé est le résultat d’un montage effectué en fonction d’objectifs précis.
• Il s’agit d’un concours, d’une compétition. En tout cas, la formule la plus populaire à l’heure actuelle est fondée sur une lutte, une compétition parfois féroce entre les participants.
• L’objectif est de gagner une somme d’argent plus ou moins importante.
• On recourt à une forme quelconque de participation du public, invité à exprimer son opinion, ses choix.
• On sollicite la contribution d’autres médias, en particulier celle de l’internet.

2. La télé-réalité, une stratégie commerciale rentable

La télé-réalité est une formule qui a la cote parce qu’elle autorise une stratégie commerciale gagnante, pour les raisons suivantes :

• La formule est simple
• Elle est relativement peu coûteuse
• Elle permet de minimiser les risques
• Elle séduit le public par une formule « universelle » simple qui peut prendre les couleurs locales
• Elle s’intègre bien à une stratégie de convergence

Les programmes de télé-réalité sont presque tous fondés sur un concept assez simple, celui de la performance individuelle dans le contexte d’un jeu compétitif. Un concept en phase avec le néolibéralisme triomphant depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes. Les formules sont assez souples pour autoriser les adaptations nationales ou régionales, lesquelles facilitent les processus identitaires.

À en juger par ses cotes d’écoute à travers le monde, la télé-réalité connaît un réel succès. Sans entrer dans les analyses motivationnelles sophistiquées, de nature psychologique, sociologique ou anthropologique, l’on peut constater rapidement que les producteurs de programmes de télé-réalité recrutent leurs participants en misant sur des motivations qui relèvent de :

• L’aspiration à la notoriété.
• L’exhibitionnisme.
• L’attrait du gain rapide.
• Le sens du défi, de la compétition.

Et pour attirer le public, ils comptent tout à la fois sur :
Un processus d’identification.
• Un sentiment d’appartenance, d’identité groupale.
• Une possibilité de participation, si mince soit-elle.
• Le voyeurisme.
• La curiosité.
• L’attrait du jeu.

Texte de Gaëtan Tremblay
GRICIS, UQAM

  1. Quelles sont les caractéristiques de la téléréalité?
  2. Est-ce vraiment la reprise du réel ? Pourquoi?
  3. Pourquoi a-t-elle du succès?

Quelles sont les caractéristiques de la téléréalité selon Jost ?

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Elections présidentielles : clips pour la télé

Regardez ces clips réalisés pour les  élections présidentielles de 2012:

Campagne de M. Sarkozy, président sortant

Campagne de M. Hollande

 

  1. Que représente le générique?
  2. Décrivez le langage non verbal des deux candidats.
  3. Quel est l’espace réservé aux candidats, aux autres images? pourquoi selon vous?
  4. Quels sont les valeurs défendues par chacun des candidats?

Télévision et pouvoir

La grande maison

L’ORTF(Office de la radiodiffusion-télévision française), est un établissement public créé par la loi du 27 juin 1964. Cette réforme vise à doter l’organisme, qui détient un monopole de service public sur la radio et la télévision, d’une plus grande autonomie financière. En effet, l’ORTF n’est plus sous « l’autorité », mais sous la « tutelle »  du ministère de l’Information : un conseil d’administration, assisté d’un directeur général, est créé aux fins de garantir le respect de ses missions (informer, cultiver, distraire). Cependant, le mode de désignation de ce conseil laisse un large contrôle au gouvernement puisque, sur seize membres, huit sont des représentants de l’État, un des usagers, un de la presse écrite, deux du personnel de l’ORTF, quatre étant des personnalités hautement qualifiées. En outre, le directeur général et les deux directeurs adjoints (un pour chaque chaîne) sont nommés par décret en Conseil des ministres.

Très vite, le malaise gagne l’ORTF en raison des liens étroits avec le pouvoir. Il culmine lors des événements de Mai 68 : En 1974, pour remédier aux lourdeurs dues à une concentration des structures, le gouvernement du nouveau président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, choisit de créer « des unités autonomes et entièrement responsables » entre lesquelles peut s’instaurer une « compétition ». Il procède donc à l’éclatement de l’ORTF en sept sociétés distinctes : quatre sociétés de programme, dont le capital appartient à l’État (TF1, Antenne 2, FR3 et Radio France), deux établissements publics industriels et commerciaux (TDF : Télédiffusion de France, qui assure la diffusion ; et l’INA, Institut national de l’audiovisuel, chargé de la formation, la recherche et l’archivage en matière d’audiovisuel) ; une société d’économie mixte (la SFP : Société française de production

  1. Pourquoi a-t-on créé l’ORTF?
  2. Comment sont nommés les nembres du Conseil d’Administration ?
  3. Quand y a-t-til eu rupture ? Et quelles en sont les conséquences?

De la Haute Autorité au CSA : les gendarmes du PAF

Au cours de la Ve République, l’émancipation de la télévision vis-à-vis du pouvoir politique a suivi une longue marche, heurtée, avec des retours en arrière. Mais la libéralisation s’est progressivement imposée comme une nécessité. Avec l’alternance politique de 1981 et l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, la majorité de gauche est attendue pour réaliser ses promesses électorales. un tournant fondamental est pris : la loi du 29 juillet 1982 (loi Fillioud) – date « anniversaire » de la loi de 1881 sur la liberté de la presse – met fin au monopole public et crée la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, censée couper le cordon ombilical entre les médias et le pouvoir. Elle est chargée de nommer les présidents du secteur public et de réguler le paysage audiovisuel, notamment en attribuant des fréquences aux radios et aux futures télévisions privées. La composition de cette instance est calquée sur celle du Conseil constitutionnel puisque, sur les neuf membres qui la composent, trois sont choisis par le président de la République, trois par le président de l’Assemblée nationale et trois par celui du Sénat. Il ressort que la Haute Autorité, présidée par Michèle Cotta, assume honorablement sa tache même si le pouvoir garde parfois la tentation d’exercer son influence sur le monde des médias .

En 1986, la nomination de Jacques Chirac à la tête de premier gouvernement de cohabitation de la République entraîne la dissolution de la Haute Autorité. Par une loi du 30 septembre 1986, défendue par le ministre de la Culture et de la Communication François Léotard, est créée la CNCL (Commission nationale de la communication et des libertés), qui conserve le même mode de désignation que l’instance précédente. Les personnalités désignées ont des sensibilités politiques marquées. et la presse critique un assujettissement à la majorité parlementaire, tandis que le gouvernement Chirac choisit de privatiser TF1 et de modifier le capital de La Cinq et de la 6, et donc leur direction.

La réélection de François Mitterrand le 8 mai 1988 scelle la fin de la CNCL. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) la remplace dès 1989. Cette instance, qui dispose de pouvoirs de sanctions renforcés dans sa mission de régulation du paysage audiovisuel, semble se pérenniser puisque qu’elle n’a pas disparu malgré plusieurs changements de majorité.

  1. Depuis sa naissance la télévision est-elle liée au pouvoir politique ?
  2. Quand le monopole public prend-il fin ? A quoi devrait servir la Haute Autorité?
  3. Quelle est aujourd’hui l’instance qui régule le paysage audiovisuel?

L’audimat : cibles et chiffres

Médium de masse soumis à des enjeux économiques, la télévision, comme la presse écrite, la radio et maintenant Internet, a besoin de connaître son public. Or la connaissance de celui-ci est par définition problématique : qui sont les téléspectateurs ? Comment perçoivent-ils les programmes ? C’est pourquoi, presque dès l’origine de la télévision, des outils ont été mis en place pour consulter le public et mesurer l’audience.

La première mesure de cette audience a été effectué en 1954 par la RTF  : elle consistait assez sommairement à interroger par téléphone une centaine de personnes chaque soir. Ce système de sondage par enquête, s’il s’est affiné au cours des années, est demeuré le même jusqu’aux années 1980. À cette époque, l’arrivée des chaînes commerciales et, par voie de conséquence, la forte concurrence entre privé et public et le rôle prééminent des publicitaires dans l’économie de la télévision ont rendu nécessaire l’instauration d’un organisme indépendant et d’un système technique fiable de mesure de l’audience. En 1985 est créé Médiamétrie dont le capital, à son origine, est détenu à 80 % par l’État (via l’INA, les chaînes publiques, la Régie française de publicité et Radio-France) et les radios périphériques. En 1989, après la privatisation de TF1, est mis en place Médiamat, système reposant sur l’installation, dans 2 300 foyers auprès de 5 600 individus de plus de 6 ans (ils sont aujourd’hui 7 600), d’audiomètres à bouton-poussoir actionnés par les téléspectateurs lors de l’allumage du récepteur et du changement de chaîne. L’analyse des données ainsi recueillies prend en compte 24 cibles construites sur des critères sociodémographiques et socioprofessionnels. D’où la célébrité soudaine d’un « cour de cible » fort courtisé : la « ménagère de moins de 50 ans » !

Ainsi sont donc connus avec précision ces chiffres souvent mystérieux tant attendus des chaînes et des publicitaires : les audiences cumulées ou instantanées, les durées moyennes d’écoute, les audiences de chaque émission. et, bien sûr, la part de marché d’une chaîne, qui exprime le rapport, pendant une période donnée, entre le nombre de foyers à l’écoute de la chaîne et le nombre de foyers qui regardent la télévision. C’est là un chiffre qui symbolise à lui seul cette « dictature de l’audimat » (en fait, du Médiamat) et scandalise ceux qui voient dans ce système un vote très inégalitaire où les gros consommateurs comptent plus que les petits, soumettant la télévision à la loi de la majorité.

  1. Quand a-t-on commencé à mesurer l’audience? et pourquoi?
  2. Comment a évolué la mesure de l’audience?
  3. Pourquoi fallait-il un organisme indépendant?
  4. Qu’appelle-ton la didacture de l’audimat?

Le journal télévisé de 20 heures

La « grande messe »

C’est la plus vieille émission de la télévision, née avec elle le 29 juin 1949, à 21 heures, sous la houlette de Pierre Sabbagh. Fixé à 20 heures en 1954, le journal télévisé devient vite le rendez-vous immanquable des téléspectateurs avec lesquels il tisse des liens privilégiés. Les commentaires littéraires de journalistes figés cèdent peu à peu la place à une information plus dramatisée, où le reportage occupe une place grandissante, et où le présentateur, sur un ton plus naturel, maintient le contact avec le téléspectateur en le regardant les yeux dans les yeux? non sans lire des panneaux près de la caméra, puis, plus tard, un téléprompteur. Avec l’éclatement de l’ORTF en 1975, puis les années 1980 et le développement de la concurrence privé-public, le 20 heures est plus que jamais le pilier essentiel de la programmation d’une grande chaîne. Sous l’influence des JT des networks américains, il devient un « journal incarné » dans la personne de son présentateur-vedette, visage familier au sens où il appartient désormais à la famille de chaque téléspectateur. Quand il obéissait jusqu’alors à une stricte logique éditoriale héritée de la presse d’information écrite (les rubriques « politique », « étranger », « social » précédant les sujets sur le sport ou la culture), le JT, poussé par des impératifs économiques, recherche désormais à être avant tout attractif pour rassembler le plus de téléspectateurs sur la chaîne. La « grande messe » du 20 heures en hypnotise aujourd’hui plus de 10 millions avec Patrick Poivre d’Arvor sur TF1, entre 6 et 7 millions avec David Pujadas sur France 2. Plus « dynamique », plus « proche », plus « maternant » et « moralisant » aussi, le JT repose en grande partie sur une information scénarisée, contée par le présentateur star ou par les divers journalistes spécialistes qui interviennent physiquement sur le plateau ou en voix off en fonction des sujets abordés. La priorité y est accordée à l’« effet-loupe », qui permet d’aborder un fait d’actualité général par ses effets sur le quidam (quelle conséquence a une grève sur l’usager du train Paris-Strasbourg ?), ou à l’« effet-miroir », qui accorde un rôle central au témoin qui représente tous les téléspectateurs (qu’a ressenti le témoin d’un crash aérien ?).

En dépit de l’apparition de formules nouvelles de diffusion de l’information (journaux courts, tout en images, information continue sur des chaînes câblées), le sacro-saint 20 heures a encore de beaux jours devant lui.

 

Des outils pour faire une étude approfondie et une grille de décryptage

http://www.tf1.fr/jt-20h/

http://jt.france2.fr/20h/

1. Le contenu du journal télévisé

  • Pour chaque sujet, donnez un titre.
  • Précisez la durée totale de chaque sujet en minutes et en secondes :

– précisez la durée du plateau,
– précisez la durée des images produites par la chaîne,
– précisez la durée des images empruntées par la chaîne.

  • Regroupez les sujets traités en grandes rubriques :

1. Politique intérieure        5.Faits divers
2. Politique étrangère        6.Chronique judiciaire
3. Social                            7. Société
4. Economie                     8. Culture
9. Sports                           10. Evénements mondains

 

2. Les images

  • Chaque sujet est-il illustré ?

– par des diapositives, par des images d’archives ou non ?

– les images ont-elles été produites par la chaîne qui diffuse ou bien ont-elles été empruntées, achetées à d’autres réseaux ?

– les images sont-elles en elles-mêmes une information (ex : permettant de mesurer l’ampleur et l’étendue d’inondations, d’un séisme) ou bien illustrent-elles simplement (occupation de l’écran) ?
– pour le traitement des images, prévoir un repérage des images de synthèse (tableaux, diagrammes, ou encore animations, reconstitution d’accident, d’expérimentation, etc…)

  • S’il y a interview, qui la dirige ? le journaliste, le questionné ?
  • Les images ont-elles un fond sonore original ou rapporté ?
  • Y a-t-il un commentaire en voix off ?
  • Lors des plateaux apparaît-il des incrustations sur l’écran ? A quel endroit de l’image ? Que représentent-elles ?

 

3. Qui annonce l’information ?

  • L’information est-elle lue par le présentateur ? Ou est-elle annoncée par un journaliste spécialisé ? Ce présentateur est-il aussi un journaliste ?
  • Le présentateur du J.T. est-il toujours le même ? Travaille-t-il en alternance avec un, une autre ? Selon quelles modalités ?
  • S’agit-il d’un homme ou d’une femme ? Quelle est leur apparence physique (vêtements, coiffure, maintien….) ? Pourquoi ?
  • Comment l’information est-elle présentée ?
  • Le journaliste se limite-t-il aux faits ou bien fait-il des commentaires à propos de l’information qu’il délivre ?
  • Le ou les commentaires sont-ils annoncés en tant que tels ?
  • Les informations sont-elles annoncées de manière neutre ou non (effet de voix, de gestes, sourires ironiques ou non, jeux de mots….)
  • Le présentateur lit-il ostensiblement ses notes ? Récite-t-il ou improvise-t-il en ne regardant que la caméra ?

 

4. Le décor de l’information

  • Faites le plan du plateau.
  • Quel en est le décor : couleur, appareils visibles ou non, partiellement dissimulés… ?
  • Précisez l’architecture du plateau : convergence vers le siège du présentateur, nature de l’arrière-plan.
  • Le générique du journal : quelles images, pourquoi ces images ? Que peuvent-elles suggérer aux téléspectateurs ?

 

Le montage 

http://www.clemi.org/fr/tv/modules/fabricants-de-l-info/

Visionner le reportage

Qu’est-ce que l’effet Koulechov ?

Pourquoi le montage peut-il modifier le sens du message? Donner des exemples

 

 

Petite histoire de la télé

Années 1930

L’environnement technique se met en place, un début de standardisation apparaît. La télévision avait été inventée en 1924.

Années 1940

Pendant la guerre, à partir du 7 mai 1943 vers 15h, des émissions sont diffusées pour distraire les soldats du Reich dans les hôpitaux.
Après la Libération de la France, et conformément au programme du CNR, les Français sont libérés de la propagande nazie ou collaborationniste.
En 1949, la télévision s’adresse encore à un nombre très restreint de Français. Seuls 297 foyers possèdent un poste.
Un premier journal télévisé est diffusé le 29 juin 1949, une redevance sur les récepteurs (postes) de télévision est fixée. Le Tour de France s’invite sur les écrans1.

Années 1950

La technique est désormais maîtrisée, ce sont les programmes qui vont désormais créer l’événement. Ainsi, la retransmission en direct du couronnement d’Elisabeth II marquera les esprits. Les émissions mythiques se succèdent, La Vie des animauxLa Piste aux étoilesLa caméra explore le temps5 colonnes à la uneDiscorama… Les premiers feuilletons apparaissent, la télévision enthousiasme ceux qui l’ont voulue culturelle et intelligemment divertissante. Les pionniers de cette époque ont façonné une télévision de qualité.

Il est vrai que le coût élevé des récepteurs à cette époque limite temporairement l’audience à une minorité relativement aisée, et ayant sans doute des exigences culturelles élevées elles aussi.

Un soin jaloux est apporté à ne jamais montrer quoi que ce soit qui puisse passer pour de la publicité clandestine. On va jusqu’à masquer par un velours noir la marque des pianos de concert, on tourne les étiquettes de bouteilles du côté opposé à la caméra, et un participant au Club des inventeurs qui présentait un dispositif verseur pour eaux, apéritifs et sirops se fera rabrouer en direct pour avoir évoqué un second modèle adapté à la forme des bouteilles de PerrierHorresco referens.

Une publicité existe pourtant, mais uniquement pour des types de produits généraux, sans aucune précision de marque : concentré de tomates, fromage fondu, etc. Et la RTF informe les téléspectateurs de ses manifestations culturelles et des pièces de théâtre qui sont montées avec son appui : Rhinocéros d’Eugène Ionesco ou Caligula d’Albert Camus. Une émission de midi nomméeTélé Paris présente chaque jour de la semaine les divers événements culturels de la capitale. Jacques Chabannes, l’un des trois animateurs de l’émission, est le premier à comprendre que la notoriété télévisuelle peut aider une carrière d’écrivain et publie avec succès son livre Prince Carolus.

Années 1960

C’est pour les jeunes la génération du transistor  et c’est donc majoritairement sur la radio que ceux-ci se retrouvent. Un magazine pourtant est prévu pour eux, Âge tendre et tête de bois, d’Albert Raisner (de l’ancien trio Raisner), qui saura jouer des effets visuels pour conforter son audience, en particulier lors d’une confrontation tendue jouant de l’opposition de l’époque entre Johnny Hallyday et le chanteur Antoine.

Lors de l’élection présidentielle de 1965, 40 % des Français possèdent un téléviseur. (Source : France 5, Pouvoir et télévision 12/2/2006). En 1967, début des émissions en couleur de la deuxième chaîne.

Années 1970

Cette décennie est marquée par la montée du nombre de postes de télévision en couleurs. Dès 1970, le nombre de téléviseurs couleurs vendus en France dépasse celui des téléviseurs en noir et blanc. La publicité devient plus attractive pour les annonceurs, à la fois à cause de la couleur et du nombre grandissant de postes. Elle commence elle aussi son ascension.

Un nouveau style d’émissions de vulgarisation scientifique apparaît, qui utilise de grandes maquettes pour ses démonstrations et cherche à tenir en permanence le spectateur en haleine : c’est la Planète bleue du jeune présentateur Laurent Broomhead, dont la pétulance assurera le succès de ce nouveau genre.

Yves Mourousi, présentateur et rédacteur en chef du journal de 13 heures de TF1 à partir de 1975, réalise les premiers directs aux quatre coins du monde.

Années 1980

C’est cette fois-ci le magnétoscope, dont s’équipent de plus en plus de foyers français, qui change légèrement la donne. Les émissions culturelles tardives (outre qu’elles permettent aux parents de jeunes enfants de les regarder à l’heure où ceux-ci sont couchés) cessent de poser problème. Apostrophes, qui est devenue une institution, pourra être décalée de 21h30 à 22h30 sans trop perdre de son audience.

Années 1990

Le son avait été jusque-là négligé par les fabricants de téléviseurs, dont les appareils n’avaient, pour la plupart, qu’une qualité médiocre, très inférieure à celle d’une chaîne de salon. Le procédé de transport du son (modulation d’amplitude) ne permettait toutefois pas une transmission de qualité non plus. Tout cela change avec l’arrivée du procédé Nicam qui apporte à la fois la haute fidélité et la stéréophonie aux spectateurs qui le désirent. C’est peu à peu la notion de home cinema qui est en train d’émerger.

Années 2000

Le 31 mars 2005, la télévision numérique terrestre (TNT) est lancée : 14 chaînes gratuites (dont 5 nouvelles : Direct 8, W9 (du groupe M6) NT1, NRJ 12 et France 4) ont pour but de compléter les chaînes déjà disponibles (TF1, France 2, France 3, Canal+, France 5/Arte, M6). L’achat d’un adaptateur est néanmoins nécessaire à la réception de celles-ci, elles sont malgré tout proposées, en partie, sur le câble, le satellite et l’ADSL.

Un problème juridique commence à se manifester : il est licite d’enregistrer une émission reçue sur son téléviseur (dans le cadre du droit de copie privée du 11 mars 1957), et cela qu’on soit présent au moment de l’enregistrement ou non. Comment alors déclarer illicite le chargement le lendemain de la même émission en peer to peer ? Les numériscopes commencent de surcroît à apparaître, dans le même temps que des documentaires de la BBC britannique, du PBS américain et de France 5 commencent à se distribuer largement sur le Net. France 5 prend soin de préciser au début de certains de ses programmes, pour éviter tout malentendu, que leur usage est libre dans le cadre d’une salle de classe.

Années 2010

Le Sécam (Séquentiel Couleur À Mémoire) qui est exploité depuis 1967 uniquement par les émetteurs de télédiffusion terrestre (analogiques) et l’offre de base des réseaux câblés sera définitivement abandonné en 2011. De ce fait, le signal PAL (625 lignes) et ses déclinaisons numériques (SD, ED, et HD) deviendra le standard employé par le plus grand nombre de pays au monde (contre le NTSC- 525 lignes et ses variantes pour les autres pays).